Et si on mettait (enfin) plus de percussions corporelles dans nos Circlesongs
Le 1er février était la journée internationale de la body Music.
La body music c’est l’utilisation de tout le corps comme instrument.
Body music = voix + percussions corporelles.Voilà une belle occasion de vous parler de cette célébration internationale et de l’intérêt de l’utilisation des percussions corporelles dans le contexte de l’improvisation vocale.

Histoire de la journée internationale de la body music
La date du 1er février a été choisie pour une raison à la fois symbolique et historique, liant deux piliers majeurs de la discipline :
1. La naissance de Keith Terry
Le 1er février marque l’anniversaire de Keith Terry, le percussionniste et danseur américain est celui qui a nommé la pratique « Body Music » à la fin des années 70.
Il a fondé l’International Body Music Festival en 2008.
En instaurant cette journée, la communauté a souhaité honorer celui qui a permis de fédérer les différentes traditions : Hambone, Gumboot, Flamenco, etc.sous une bannière commune et internationale.

2. Un hommage à Fernando Barba
Cette période de l’année est aussi devenue un moment de recueillement et de célébration pour Fernando Barba. Le créateur des Barbatuques nous a quittés le 4 février 2021.
Il a aussi été une très grande source d’inspiration de très nombreux musiciens au Brésil et dans le monde ainsi que pour les créateurs de Musica do Circulo qui développèrent beaucoup de leurs jeux dans leur groupe de pratique avec Barba.

Pourquoi c’est une bonne idée de mettre plus de percussions corporelles dans nos Cercles
Si la voix est le souffle du cercle, le corps en est le moteur. Intégrer la Body Music à nos pratiques de chant improvisé n’est pas qu’un ajout technique, c’est une transformation profonde de l’expérience collective. Voici trois piliers pour vous convaincre d’y accorder plus de place :
1. La connexion par le jeu : lever les barrières de la timidité
Le chant peut parfois être intimidant. Pour beaucoup, chanter « devant les autres » peu créer de l’inconfort, ou des tensions là où le corps, lui, invite au jeu. En frappant des mains ou en frottant ses paumes, on active une énergie enfantine et contagieuse.
Frapper dans ses mains ou sur ses cuisses est un geste premier, presque instinctif. Cela permet aux personnes plus timides de s’engager dans le flow sans la peur de « chanter faux ».
Le plaisir visuel de voir tout un groupe bouger en rythme crée une connexion immédiate. On ne se contente plus de s’écouter, on se regarde, on sourit, on « joue » ensemble au sens le plus pur du terme. C’est un brise-glace incomparable.
Une belle qualité de présence est indispensable pour suivre et frapper au bon moment. Avec les jeux de body music, les participants sont attentifs pour suivre leur partie 😉
2. Pulsation : L’ancrage rythmique
Si certains cercles, gardent la pulse, sans un « Clap » ni un « Stomp », l’utilisation des percussions corporelles peut être extrèmement utile pour permettre aux participants de ressentir physiquement la pulsation.
Pour les chanteurs les moins aguerris, il arrive qu’ils se perdent rythmiquement. Instaurer un simple clap sur un premier temps commun à plusieurs boucle peut être aidant. Mettre la pulsation dans les pieds peut aussi les aider à se repérer dans leur partie…
Le corps devient le métronome du groupe. Ressentir la pulsation physiquement (le « beat » dans les pieds ou le torse) offre une assise solide aux solistes et harmonise les énergies. On ne se contente plus d’écouter le rythme, on est le rythme.
3. La simplicité comme clé de réussite
Il n’est pas nécessaire d’être un virtuose de la percussion corporelle pour enrichir une Circlesong de ces éléments rythmiques. Un simple battement de cœur sur la poitrine ou un claquement de doigts suffira à donner une direction. Plus c’est simple, plus les participants peuvent réussir facilement. Ils se détendent et c’est là que la magie commence… Quand ils sont assez détendus pour accueillir tout l’inconnu!

Recommandations de base pour une utilisation heureuse des percussions corporelles
Tu es participant
1) Frappe doucement. Que ce soit dans tes mains, sur ton torse, sur tes cuisses ou ailleurs, frappe doucement. Plutôt que de penser à « frapper », essaye de vouloir faire rebondir tes mains sur ton corps…
2) Respire et rigole. En apnée, ça marche moins bien…. Pour une raison qui m’échappe, chaque fois qu’on ajoute des percussions corporelles, un état de tension a tendance à se répandre chez certains participants (des fois tous)…Si tu sens cette tension, respire… Et souris. Ce n’est que de la musique!
3) Détends toi, tu as le droit de te tromper… Tu viens participer à une création improvisée. Tu n’es ni sur la scène de Wembley, ni à l’Olympia. Personne n’a payé 50€ pour venir t’écouter. Tu participes à un moment convivial ouvert à tous.tes… Personne ne te demande d’être un.e bon.ne musicien.ne.
4) Si tu te perds, autorise toi à t’arrêter pour écouter et reprendre le fil. Ou juste pour écouter sans reprendre le fil 😉
5) Economise ton énergie. En réduisant l’amplitude de tes gestes, tu doses mieux tes frappes et tu peux gagner en précision.
6) Maîtrise ton volume… Si tu entends bien tes frappes mais pas celles de ton voisin de droite, ou de gauche, tu joues trop fort 😉 Ce conseil est a appliquer encore plus scrupuleusement si tu n’es pas sûr.e de toi… Si tu penses ou si tu sens que tu n’es pas bien avecx le groupe, réduis vraiment ton volume…

Si tu es facilitateur
1) Fais simple, pour les participant.es. Tu ne sais pas quel est le niveau de tes participant.es, mais d’une manière générale, en France en 2026, les participant.es des chants pour Tous.tes sont plus à l’aise avec le fait de chanter que celui de faire des percussions corporelles… Pour que ce soit ludique, il faut que les participant.es y arrivent… Trop de difficulté tue le plaisir.
2) Fais simple, pour ton confort… Même si tu es expérimenté.e, tu as plus de chances de pouvoir t’amuser si ce que tu as à transmettre est simple. Tu pourras mettre ton énergie dans les nuances, la voix, créer des gestes, être attentif à l’énergie du groupe… Ca sera plus sympa pour ton groupe que si tout ton cerveau est utilisé à compter les doubles croches pour que tu mettes bien la quatrième au bon endroit…
3) Sois garant de la pulse. Et oui, quand il y a de l’énergie, ou du stress, le cercle accélère. Aide le cercle à maintenir une pulsation stable… Commence par être stable quand tu transmets tes boucles.
4) Frappe doucement. Pas question d’avoir les mains rouges ou de te faire des bleus… Tu donnes l’exemple, si tu frappes fort, ils vont frapper fort. Plus un groupe frappe fort, plus il accélère…
5) Offre ta détente et tes good vibes… Si tu es tendu, tu vas transmettre ça à ton groupe… Crée les meilleures conditions pour être le.a plus détendu.e possible. Simplicité, préparation…. Cultive tout ce qui te permettra d’être présent.e, détendu.e

Bref pour plus de groove, plus de fun et plus de musique, mettons plus de percussions corporelles dans nos cercles!
A pul’s
Anne-Lise Farioli


Commentaires récents